Épissure ultrasonique ou sertissage

Épissure ultrasonique ou sertissage

Fabrication1 mai 202617 min de lectureHommer ZhaoPar Hommer Zhao, Fondateur et Directeur Général

Le choix d’épissure se décide avant le premier lot pilote

Ce guide s’adresse à l’ingénieur produit, au responsable de l’industrialisation ou à l’acheteur technique qui doit définir une dérivation de faisceau avant le prototype, la présérie ou la relance en série. La question est simple : faut-il utiliser une soudure ultrasonique, une épissure sertie, un manchon d’épissure bout à bout ou une jonction brasée locale ? La réponse dépend du nombre de fils, de la section cumulée, du courant, de la flexion, de l’encombrement et du niveau de preuve demandé par le client final.

Un fournisseur senior de faisceaux ne choisit pas une technologie parce qu’elle paraît plus moderne. Il compare la résistance électrique, la tenue en traction, la répétabilité du geste opérateur, le volume autour du joint, la protection mécanique et le dossier qualité. Les repères qui cadrent cette décision incluent IPC/WHMA-A-620 pour l’acceptabilité des assemblages de câbles, UL 758 pour les styles de fils reconnus, IATF 16949 pour la logique qualité automobile et la soudure ultrasonique comme procédé de jonction métal-métal.

Scénario en usine : un lot pilote 24 V avec trois dérivations

Sur un programme représentatif, notre atelier a préparé un lot pilote 24 V pour un équipement mobile. Chaque faisceau comportait trois dérivations : deux sorties de capteur en 0,5 mm² et une sortie d’alimentation auxiliaire en 1,0 mm², toutes réunies dans un faisceau de 1,6 m. La première version utilisait une épissure sertie avec un manchon fermé, puis une gaine thermorétractable double paroi. Les 40 premières pièces passaient le test de continuité à 100 %, mais certaines présentaient une surépaisseur qui gênait le routage dans un canal plastique.

Nous avons fabriqué 30 échantillons comparatifs : 10 épissures serties, 10 joints brasés protégés par une gaine adhésive et 10 épissures ultrasoniques compactes. Nous avons mesuré la résistance de jonction, la hauteur du joint et la traction après protection, puis effectué une inspection sous grossissement 10x. L’épissure sertie présentait une résistance stable de 0,18 à 0,24 milliohm, mais une hauteur finale de 7,8 mm avec protection. Le joint brasé était plus fin, environ 5,4 mm, mais deux échantillons présentaient une zone rigide de 18 mm après des flexions manuelles répétées. L’épissure ultrasonique est restée entre 0,12 et 0,16 milliohm, avec une hauteur finale de 4,9 mm et 0 rupture après 300 cycles de flexion sur un rayon de 50 mm.

La décision finale a été de réaliser les deux dérivations de capteur par ultrasons et de conserver une épissure sertie sur la branche d’alimentation, plus facile à contrôler avec l’outillage existant. Le réglage ultrasonique a ajouté 45 minutes au démarrage du lot, mais supprimé la reprise du canal plastique et réduit de 22 secondes le temps de montage final par faisceau. Cet arbitrage doit être documenté avant de figer le plan de coupe, le gabarit et la nomenclature.

Objectif : choisir la jonction par contrainte réelle

La soudure ultrasonique crée une liaison par vibration mécanique et pression, sans ajout de métal d’apport. Elle convient bien aux dérivations cuivre-cuivre compactes, aux faisceaux automobiles, aux harnais d’équipement mobile et aux zones où la hauteur de joint doit rester faible. Elle exige un réglage précis : section totale, énergie, pression, amplitude, temps et forme de l’enclume.

L’épissure sertie reste robuste pour des volumes faibles, des réparations, des fils de sections différentes ou des programmes où l’outillage de sertissage est déjà qualifié. Elle est plus facile à expliquer dans une instruction opérateur, mais le manchon ajoute du volume. Le brasage local peut aider sur certaines bornes ou fils fins, mais il crée une transition rigide si la capillarité remonte sous l’isolant. Pour les faisceaux soumis à vibration, la zone de sortie du joint compte autant que la résistance électrique.

Le choix doit donc partir du produit : courant maximum, chute de tension admissible, nombre de fils, diamètre extérieur après protection, rayon de courbure, température, présence d’humidité et méthode de test. Pour relier cette décision au reste de la conception, consultez aussi nos pages sur le sertissage contrôlé, les tests de faisceaux et la conception du relief de tension.

Tableau de décision : ultrasonique, serti, brasé ou mécanique

Solution Usage recommandé Contrôle critique Risque principal Décision d'achat
Soudure ultrasonique Dérivations compactes, séries répétées, faisceaux automobiles ou industriels Énergie, pression, section cumulée, résistance en milliohms et inspection d’une coupe Mauvais réglage ou brins déplacés hors zone soudée Choisir si volume, répétabilité et faible résistance priment
Épissure sertie fermée Branches de puissance, volumes faibles à moyens, processus déjà qualifié Hauteur de sertissage, traction, plage AWG et protection thermorétractable Surépaisseur ou mauvaise plage de manchon Choisir si l’outillage existe et si l’espace accepte le joint
Épissure bout à bout isolé Réparation, extension fil à fil, maintenance sur site Force d’arrachement, recouvrement conducteur et étanchéité Confusion entre réparation et conception série Limiter aux jonctions simples ou aux volumes très bas
Joint brasé local Fils fins, contraintes de géométrie, cas spéciaux validés Remontée capillaire, nettoyage, protection et flexion Zone rigide qui casse près de l’isolant Utiliser seulement avec essai de flexion documenté
Bloc ou borne de jonction Armoires, modules démontables, faisceaux maintenables Couple, marquage, anti-desserrage et accès de maintenance Encombrement et erreur de serrage Choisir quand la maintenance vaut plus que la compacité
Répartition par connecteur Systèmes modulaires ou variantes fréquentes Brochage, rétention des contacts, courant par voie et verrouillage Surcoût connectique et points de panne ajoutés Choisir si la modularité réduit les erreurs de variante

Ce qu’il faut écrire dans le plan de faisceau

Un plan exploitable ne décrit pas la jonction par le seul mot « épissure ». Il doit indiquer les références et sections des fils, le nombre de conducteurs de chaque côté, la longueur de dénudage, la position de l’épissure sur le faisceau, la méthode de protection, le diamètre final autorisé et le test attendu. Pour une soudure ultrasonique, ajoutez la section totale, la fenêtre de résistance, la largeur de la zone soudée, les paramètres validés ou la référence de l’instruction interne. Pour une épissure sertie, précisez le manchon, l’applicateur, la hauteur, la force d’arrachement et le type de gaine.

IPC/WHMA-A-620 aide à cadrer l’acceptabilité visuelle du dénudage, des brins, de la protection et du chemin de câble. UL 758 aide à garder la cohérence des fils reconnus quand la conformité du produit dépend du style de conducteur et de l’isolant. Pour une série automobile, IATF 16949 impose une logique de changement maîtrisé : si la jonction passe de sertie à ultrasonique, le plan de contrôle, la FAI et parfois le dossier PPAP doivent être mis à jour.

Contrôles de production qui rendent l’épissure relançable

Le premier contrôle est dimensionnel. Mesurez la longueur de dénudage, la position du joint, le diamètre ou la hauteur après protection et la distance au premier point de fixation. Une épissure parfaite placée dans une zone de flexion peut échouer plus vite qu’une jonction moyenne placée dans une zone soutenue. Sur un faisceau compact, 2 mm de hauteur en trop peuvent bloquer un clip ou forcer une gaine.

Le deuxième contrôle est électrique. Le test de continuité à 100 % détecte les erreurs franches, mais ne prouve pas la qualité de la jonction. Pour les branches de puissance ou les capteurs sensibles, demandez une mesure de résistance par échantillonnage, une inspection visuelle sous grossissement 10x et un essai de traction conforme au plan de contrôle. Notre guide sur le essai de traction de sertissage détaille la logique d’échantillonnage mécanique.

Le troisième contrôle, métallographique ou destructif, intervient lors de la validation initiale. Une coupe de soudure ultrasonique montre si les brins sont réellement compactés ou simplement marqués en surface. Une coupe de sertissage révèle si le manchon comprime correctement le conducteur sans couper les brins. Cette vérification n’est pas nécessaire sur chaque lot simple, mais devient précieuse avec un nouveau fil, un nouvel isolant, un changement de fournisseur ou une hausse de volume.

Erreurs d’approvisionnement qui compromettent une bonne technologie

La première erreur consiste à choisir l’ultrasonique pour gagner de la place sans vérifier la plage de section réelle. Trois fils de sections différentes peuvent entrer dans la fenêtre théorique, mais produire un joint asymétrique s’ils ne sont pas préparés dans le bon ordre. La solution n’est pas d’augmenter l’énergie ; elle consiste à définir la séquence d’empilage et à contrôler l’aspect de la zone soudée.

La deuxième erreur est de valider le joint nu, puis d’oublier la protection finale. Une gaine thermorétractable adhésive, un ruban textile ou une gaine tressée modifie la rigidité et le diamètre. Le joint doit être testé dans sa configuration livrée, avec la protection et le routage prévus. Cette logique rejoint le guide sur le rayon de courbure et le routage.

La troisième erreur consiste à confondre réparation sur site et conception en série. Une épissure bout à bout isolée peut dépanner une machine, mais elle n’est pas nécessairement la meilleure architecture pour 5 000 pièces. En série, le coût réel comprend le temps de pose, la variabilité du geste opérateur, la hauteur finale, le contrôle, les rebuts et la capacité à reproduire le même résultat six mois plus tard.

Liste de contrôle RFQ pour une épissure de faisceau

  • Fonction : alimentation, capteur, signal, masse, dérivation ou réparation.
  • Fils : section en mm² ou AWG, isolant, style UL si requis, nombre de conducteurs par côté.
  • Position : distance depuis connecteur, zone fixe ou flexible, rayon minimum et premier point de maintien.
  • Procédé : ultrasonique, serti, épissure bout à bout, brasage ou borne de jonction.
  • Protection : gaine thermo simple ou adhésive, ruban, surmoulage local, tube ou gaine tressée.
  • Preuves : continuité à 100 %, résistance par échantillonnage, traction, inspection 10x, coupe si nouveau procédé.
  • Lot pilote : 10 à 30 pièces représentatives avec rapport FAI avant validation de la série.

Pour les projets qui combinent plusieurs dérivations, une revue précoce évite souvent un changement tardif de routage. Elle doit être liée au plan de câblage, à la FAI assemblage de câbles et au dossier de transition prototype vers série.

Décision finale : compacité et maîtrise avant le coût

La soudure ultrasonique est très intéressante lorsque la dérivation doit rester compacte, répétable et présenter une faible résistance en série. L’épissure sertie reste rationnelle pour un faible volume, avec un outillage stable ou lorsque la branche tolère mieux une légère surépaisseur. Le brasage local doit être réservé aux cas où la rigidité créée est comprise et testée.

La bonne décision ne vient pas d’une préférence de procédé. Elle vient d’un prototype mesuré : résistance, traction, hauteur, flexion, inspection et montage dans le chemin réel. Si vous devez choisir une jonction pour un nouveau faisceau, envoyez votre plan, votre liste de fils ou un échantillon à l'équipe WIRINGO. Nous pouvons proposer deux variantes d’épissure, une instruction de production et un plan de contrôle avant le lancement en série.

Références et ressources complémentaires

  1. Wikipedia - IPC électronique pour le contexte IPC/WHMA-A-620.
  2. Wikipedia - UL organisme de sécurité pour le contexte UL 758.
  3. Wikipedia - IATF 16949 pour le cadre qualité automobile.
  4. Wikipedia - Ultrasonic welding pour le principe de soudure ultrasonique.
  5. Capacité de sertissage WIRINGO
  6. Tests électriques et mécaniques WIRINGO
  7. Guide épissures bout à bout et épissures serties

FAQ : épissure ultrasonique et sertissage

Q : Quand choisir une épissure ultrasonique dans un faisceau ?

Choisissez l’ultrasonique quand la dérivation doit rester compacte, répétable et faible résistance. Sur notre lot pilote, la variante ultrasonique est restée entre 0,12 et 0,16 milliohm avec 0 rupture après 300 cycles de flexion.

Q : Une épissure sertie est-elle conforme à IPC/WHMA-A-620 ?

Oui, si le plan définit le manchon, la plage de section, la hauteur de sertissage, la protection et les critères d’inspection. Le test de traction par échantillonnage reste nécessaire, souvent sur 5 à 10 pièces au lancement selon le risque.

Q : La soudure ultrasonique remplace-t-elle toujours l’épissure bout à bout ?

Non. L’épissure bout à bout reste utile pour une réparation, une extension fil à fil ou un très faible volume. En série, l’ultrasonique devient plus pertinente si la hauteur finale, la résistance et la répétabilité compensent le réglage initial.

Q : Quel test demander pour une jonction de puissance ?

Demandez continuité à 100 %, inspection visuelle, mesure de résistance par échantillonnage et traction selon le plan. Pour une branche de plusieurs ampères, fixez aussi une limite de chute de tension et testez 10 à 30 pièces pilotes.

Q : Le brasage est-il acceptable pour une dérivation de câble ?

Il peut l’être sur un cas validé, mais la remontée capillaire peut créer une zone rigide de 10 à 20 mm. Un essai de flexion, une protection adaptée et un contrôle visuel sont nécessaires avant d’accepter cette solution en production.

Q : Faut-il faire une coupe métallographique sur chaque épissure ?

Non. Une coupe est surtout utile à la validation initiale, après un changement de fil, de section, d’outil ou de fournisseur. En routine, continuité à 100 %, inspection, résistance et traction par échantillonnage suffisent souvent.

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